Laetitia Saint-Paul J'ai rendu ce matin les conclusions de la mission d'information sur l'irruption de l'intelligence artificielle dans les ingérences étrangères. Dans le chaos informationnel qui nous entoure, nous devons concevoir un État protecteur du bien commun numérique. Nous courons sinon le risque de laisser le champ libre aux groupes privés et aux dictatures.
Le président de la République a récemment rencontré les lecteurs de la presse quotidienne régionale au sujet de la démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes. À l'heure où la viralité l'emporte sur la véracité, c'est un sujet d'importance majeure.
Des mesures telles que la majorité numérique ainsi que les protections contre le harcèlement en ligne et les ingérences étrangères doivent sans délai devenir des réalités. En juillet 2023, le Parlement a adopté à l'unanimité une loi claire, courageuse et attendue, défendue par notre collègue Laurent Marcangeli. Cette loi vise à interdire l'inscription des moins de 15 ans sur les réseaux sociaux sans consentement parental, à imposer un contrôle réel de l'âge, à protéger les mineurs contre le cyberharcèlement et à responsabiliser – enfin – les plateformes.
Deux ans plus tard, alors que nous savons, que nous voyons et que nous alertons, la loi promulguée le 7 juillet 2023 n'est toujours pas appliquée. Protéger nos enfants et protéger notre démocratie sont deux combats liés dans un même devoir. Ils ne demandent que du courage.
Depuis juillet, le cadre européen qu'est le DSA ne contient plus de frein. Dès lors, qu'attendons-nous pour protéger les plus vulnérables ?