Jean-Claude Raux Madame la ministre de la santé, dans ma circonscription rurale, je ne connais que des hôpitaux fragiles, pénalisés par la pénurie de médecins, par leur taille mais aussi, et surtout, par la tarification à l'acte. Cette fragilité est source d'inquiétude et d'insécurité au sein des établissements de soins comme de la population – qui n'a vraiment pas besoin de cela.
Les conséquences de cette situation sont bien identifiées sur tous les bancs de cet hémicycle : des femmes contraintes d'accoucher sur le bord de la route faute de place dans les maternités ; des urgences surchargées, voire fermées le soir ou pendant de longues périodes ; des lits de psychiatrie qui ferment par dizaines ; des hôpitaux qui n'ont pas les moyens d'investir ou de rénover.
Mon collègue Sébastien Peytavie nous parlait ce matin de ses deux mois passés dans un hôpital de Dordogne. Dans ces hôpitaux, on rationne tout – à commencer par la soupe en brique, qui n'est même plus distribuée tous les soirs et que dix-sept patients doivent se partager. À Sarlat, on rationne aussi l'accueil aux urgences, un service fermé trente jours en 2023, ou encore les accouchements, suspendus par le service obstétrique durant cent trente-huit jours en 2024.
Le déficit annuel des hôpitaux est de 2,9 milliards d'euros et leur sous-financement ne fait pas disparaître les besoins de la population. Vous demandez aux soignants de dispenser plus de soins avec moins de moyens. Dans tous nos départements, le portrait de l'hôpital public peut s'avérer glaçant ; à quoi ressemblera l'hôpital de demain ? Vous avez accepté, sous la pression, d'augmenter les dépenses de l'assurance maladie de 3 % : c'était le minimum vital pour l'hôpital. Pourtant, dans le même temps, vous annoncez des économies structurelles.
Avant nos débats et le vote, cet après-midi, sur le PLFSS, la question des députés du groupe Écologiste et social tient en quatre mots : quelles sont ces économies ? Vous devez vous engager à ce qu'elles n'entraînent ni fermetures d'hôpitaux de proximité ni démantèlements de services. C'est le minimum vital.