Roger Chudeau Les performances de notre système éducatif s'effondrent – même le ministère de l'économie s'en émeut dans une note récente, au point d'y voir une menace pour l'avenir de la nation. Et que fait votre ministère avec ardeur ? Il harcèle l'enseignement catholique !
Le secrétaire général de ce dernier évoque des « opérations de police » menées par les corps d'inspection à la diligence des recteurs. Dans un courrier public qu'il vous adresse le 5 décembre, il rappelle que, s'il ne peut y avoir de liberté sans contrôles, la manière dont ceux-ci sont conduits aujourd'hui est scandaleuse. Douze pages de témoignages accompagnent ce courrier : on y lit que des inspections sont parfois menées par des brigades de quinze inspecteurs, que des chefs d'établissements sont interrogés par quatre inspecteurs, que des élèves sont questionnés hors de la présence d'adultes référents et qu'il est enjoint à certains établissements de faire disparaître les croix des classes au motif que cela discriminerait les élèves musulmans.
Ces pratiques doivent cesser car elles constituent une instrumentalisation politique des corps d'inspection et jettent le discrédit sur l'enseignement diocésain, délégataire du service public d'enseignement, choisi par une famille française sur deux durant la scolarité de ses enfants.
Vous avez une façon singulière de célébrer le 120e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l'État. Devons-nous croire que c'est à la liberté d'enseignement que vous vous attaquez ainsi sous le prétexte de faire suite aux recommandations de la commission d'enquête sur Bétharram ? Seriez-vous sensible aux sirènes laïcardes de l'extrême gauche, dont l'horloge politique est restée bloquée à l'époque du petit père Combes ?
Revenez aux urgences : réformez l'éducation prioritaire, par exemple – mais vous venez hier de l'abandonner en rase campagne –, ou bien assurez-vous que les établissements publics locaux d'enseignement, dont 50 % n'ont pas de projet d'établissement, qui est pourtant une obligation légale, commencent par respecter la loi.