Michel Criaud Vendredi dernier, l'administration de Donald Trump a publié sa stratégie de sécurité nationale. Dans ce document, Washington s'en prend directement à l'Europe – aux activités européennes qui affaibliraient les libertés publiques et la souveraineté, aux politiques migratoires et à la conception européenne de la liberté d'expression – tout en pointant un effondrement des taux de natalité ou encore une perte des identités nationales et de la confiance en soi.
S'agissant du conflit en Ukraine, l'administration américaine estime qu'il est dans l'intérêt fondamental des États-Unis de mettre fin aux hostilités et de parvenir à une normalisation des relations entre l'Europe et la Russie. Sans surprise, cette stratégie a été favorablement accueillie par le Kremlin.
Mais la critique de l'Europe ne s'arrête pas là : lundi, Donald Trump est encore revenu à la charge devant la presse. Selon lui, les dirigeants européens sont faibles, la Russie a l'avantage et le président Zelensky n'est plus légitime : le président américain n'a jamais aussi bien utilisé les éléments de langage du Kremlin.
Comme l'a rappelé le président du Conseil européen, Antonio Costa, les États-Unis restent un allié et un partenaire économique important. Mais l'Europe est et doit rester souveraine. L'Union européenne ne peut, en effet, accepter aucune menace d'interférence. Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, pouvez-vous nous indiquer la position de la France face à des propos qui remettent en cause la capacité de l'Europe de choisir librement son destin ?