Mereana Reid Arbelot Depuis votre nomination en décembre 2024, je vous alerte sur la situation problématique du centre de contrôle aérien de Tahiti-Faa'a, qui gère le plus vaste espace aérien français – un des plus grands au monde, avec près de 12,3 millions de kilomètres carrés –, au cœur de la zone indo-pacifique, en interface directe avec les États-Unis sur 4 000 kilomètres, la Nouvelle-Zélande et le Chili.
Ce centre est unique par son étendue, son environnement international et ses contraintes opérationnelles ; il est un outil stratégique de souveraineté, de sécurité aérienne et de continuité territoriale. En effet, l'aéroport de Tahiti-Faa'a est l'un des deux poumons de la Polynésie française.
Aujourd'hui, l'offre de service public est fragilisée par un sous-effectif et par une organisation du travail issue d'une lecture strictement hexagonale des textes, inadaptée aux réalités du terrain. Il en découle des fermetures quotidiennes de secteurs de contrôle à des heures sensibles et des difficultés dans la formation des contrôleurs stagiaires, ce qui hypothèque l'avenir même du centre.
Les revendications syndicales ne sont pas salariales mais structurelles. Le reclassement en liste 5 est incontournable, mais chacun sait qu'il ne peut être immédiat. Il doit s'inscrire dans une trajectoire progressive et réaliste. Il y a urgence, et pour garantir la continuité du service public, relancer la formation et éviter les fermetures de secteurs, il existe une solution technique : l'option 1 du protocole, déjà appliquée dans tous les centres et dans de nombreuses approches, même en outre-mer.
Monsieur le ministre des transports, vous ne découvrez pas ce sujet : ni la technicité de la question ni l'instabilité institutionnelle ne sauraient justifier votre inertie. Pas de réunions stériles, pas d'audits inutiles, mais des réponses concrètes : quelles sont-elles ?