Sébastien Lecornu, premier ministre . Pardonnez-moi ce cri du cœur, mais on ne peut pas laisser croire que les forces de l'ordre sont utilisées contre les agriculteurs de France.
Venons-en à la gestion de cette épizootie. Mme la ministre l'a évoqué, une première réunion s'est tenue ce matin sous son impulsion ; une autre aura lieu vers 17 h 30. Des décisions seront annoncées dans la soirée pour clarifier la stratégie vaccinale, en particulier le zonage. Nous devons répondre aux demandes du terrain et mener une étude d'impact sur les conséquences possibles d'une vaccination sur les filières, en particulier en ce qui concerne l'exportation. Ce travail est mené par les préfets de département, les présidents de chambre d'agriculture et les différentes organisations professionnelles. Je souhaite que la décision soit aussi éclairée que possible.
L'urgence absolue est d'accélérer la vaccination. Pour cela, nous avons besoin d'obtenir les doses et de lever certains freins logistiques. Ce n'est en effet pas un problème d'argent ni d'acquisition, car les commandes ont bien été passées. Il existe cependant un problème d'aller vers, pour rendre les doses disponibles au plus près des élevages. Des décisions seront donc prises aujourd'hui.
Nous avons besoin de bras pour vacciner – c'est un enjeu majeur. Je tiens à saluer l'ensemble de la profession vétérinaire et l'ordre des vétérinaires, qui se sont largement mobilisés. Vous pouvez les applaudir car ils remplissent une mission dont nous mesurons tous la difficulté. Je salue les vétérinaires retraités qui ont accepté de revenir travailler, de même que les élèves des écoles vétérinaires qui ont accepté, sur proposition de la ministre, de rendre ce service. Je mobiliserai également les vétérinaires militaires dont disposent les armées françaises : ils seront dépêchés dans les zones atteintes pour accélérer la vaccination et répondre aux besoins exprimés sur le terrain.
D'autres points seront traités tout à l'heure, comme la question du transport illégal de bétail. Si le virus se propage, c'est malheureusement parce que des animaux ont été transportés en toute illégalité. Cela provoque de la colère chez les éleveurs qui respectent les règles de protection sanitaire ; ils ne peuvent être tenus pour responsables de ce que font ceux qui ne les respectent pas. Il ne s'agit pas de pointer du doigt qui que ce soit, mais de reconnaître que les mesures de précaution restent les meilleures des mesures.
Outre la vaccination, Mme Genevard a évoqué ce que l'on appelle peut-être un peu trop techniquement la stratégie de repeuplement, essentielle pour l'espérance. Les éleveurs doivent en effet pouvoir reprendre leur activité le plus vite possible. Nous ne manquons pas de références dans le passé ; le modèle savoyard a été souvent évoqué et d'autres modèles existent. Les élus et les représentants syndicaux font des propositions sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir.
Je souligne que les tout petits élevages qui connaîtront dans les jours qui viennent des difficultés de trésorerie bénéficieront d'un accompagnement spécifique. Ils ne demandent pas l'aumône ; ils ne demandent pas de subventions ; ils veulent tout simplement vivre dignement de leur travail. La meilleure des réponses que nous pouvons leur apporter consiste à rétablir les conditions leur permettant de le faire.
En fin de semaine – vendredi, sans doute –, je recevrai à Matignon l'ensemble des organisations professionnelles agricoles. Ce sera l'occasion de revenir sur l'accord avec le Mercosur et sur la négociation de la politique agricole commune, dans laquelle le gouvernement sera plus qu'engagé : il sera dur dans la discussion avec la Commission européenne.