Marie Pochon En janvier 2024, Gérald Darmanin appelait les forces de l'ordre à la « modération » face à la colère agricole. Deux ans plus tard, deux poids, deux mesures. Je voudrais ici exprimer mon soutien à tous les éleveurs touchés par la DNC, à leurs familles ainsi qu'aux personnels vétérinaires. Nous ne faisons pas face à une simple crise sanitaire, mais à des drames humains, sociaux, économiques.
Depuis juin, 113 foyers ont été détectés, 3 300 bovins ont été abattus. Des éleveurs ont vu disparaître en quelques heures le travail de toute une vie, parfois de plusieurs générations. Après avoir été notifiés du jour au lendemain de l'abattage de leur troupeau, ils sont gazés, réprimés. C'est une réponse brutale et disproportionnée.
Aux éleveurs esseulés, madame la ministre, vous avez répondu la semaine dernière par une proposition de réunion en visioconférence avant d'accepter, finalement, un déplacement sur le terrain.
Cela fait six mois que l'urgence est à la vaccination. Pourtant, nous n'avons toujours pas assez de doses. . Pourtant, l'abattage massif continue, couplé à une répression sans nom. Tout arrive toujours trop tard, alors même que les épizooties vont exploser du fait de votre inaction climatique et de votre soutien à l'industrialisation de l'élevage, tout cela pour protéger nos exportations.
Depuis plus de deux ans, la colère gronde dans les campagnes : surendettement, concurrence déloyale, explosion de la fièvre catarrhale ovine, de la salmonelle, de la DNC, revenus en berne, mal-être… Alors que nous demandons la juste rémunération et l'accompagnement à la transition, votre seule réponse sont des lois propesticides et la signature de l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur, qui permettra l'importation de 100 000 tonnes de viande bovine.