Audrey Abadie-Amiel Depuis plusieurs années, les agriculteurs français sont frappés de plein fouet par une succession de crises sanitaires majeures : grippe aviaire, fièvre catarrhale ovine, peste porcine africaine et, désormais, dermatose nodulaire contagieuse bovine. Ces maladies s'ajoutent à la situation économique déjà très fragile de nombre d'exploitations.
En Ariège, dans ma circonscription, nous avons vécu un drame humain et agricole avec l'abattage total d'un troupeau de 208 bêtes aux Bordes-sur-Arize. Je tiens à exprimer tout mon soutien à cette famille d'éleveurs ariégeois ainsi qu'à l'ensemble des agriculteurs concernés par ces mesures.
Pour celles et ceux qui subissent l'abattage de leur élevage, qui est souvent le fruit de toute une vie de travail, le traumatisme est immense. Par ailleurs, de nombreux éleveurs devront vacciner leur troupeau, ce qui a pour conséquence directe l'interdiction d'exporter, fragilisant encore davantage leur avenir économique. Ces décisions sont vécues comme des protocoles imposés sans concertation ni possibilité de négocier, alors même que leurs conséquences sont lourdes et durables.
Dans ce contexte, de nombreuses questions se posent. L'abattage systématique est-il réellement la meilleure réponse sanitaire possible face à la DNC ? Quelles solutions alternatives sont aujourd'hui étudiées ou envisagées ? Comment l'État entend-il accompagner durablement les éleveurs touchés, tant sur le plan psychologique qu'économique ?
Enfin, quelle stratégie à long terme le gouvernement souhaite-t-il adopter pour anticiper ces crises sanitaires à répétition et éviter que les agriculteurs n'en soient, à chaque fois, les premières victimes ?
Je l'ai vu dans les échanges que j'ai eus avec les agriculteurs, au téléphone ou sur le rond-point où ils manifestent pacifiquement : leur détresse s'exprime avec force. Ils ont besoin de clarté, de perspectives et de respect, afin de continuer à exercer leur métier dans des conditions dignes et soutenables.