Jean-Victor Castor En Guyane, les patients meurent à l'hôpital et la santé n'est plus un droit garanti. Les médecins libéraux ne représentent que 18 % des praticiens et 40 % d'entre eux ont plus de 60 ans. Dès que l'on s'éloigne du littoral, l'accès aux soins disparaît. Le droit fondamental à la santé s'arrête aux frontières de l'enclavement.
À cela s'ajoute une gestion défaillante des évacuations sanitaires : un monopole d'Air France, incompréhensible, sur toutes les évacuations, l'arrêt partiel des prises en charge avec coque, des évacuations retardées ou impossibles et des patients mis en danger. Pourtant, la compagnie Air Caraïbes réalise déjà des évacuations sanitaires entre les Antilles et la métropole et pourrait intervenir au même titre qu'Air France si l'État prenait immédiatement ses responsabilités.
Cette crise est aggravée par une instabilité chronique de la gouvernance sanitaire : un turnover incessant à la direction de l'ARS compromet toute continuité stratégique, au profit d'un pilotage à vue. Pendant ce temps, le CHU de Guyane est maintenu dans une logique de rafistolage, avec des mobil-homes, sans vision à long terme ni financement fléché.
Madame la ministre, voici ce qu'exigent les Guyanais : une stratégie et un plan de recrutement adaptés aux réalités du territoire ; un dispositif de retour au pays des étudiants en médecine et médecins guyanais ; une sortie de la précarité administrative pour les Padhue ; une gestion humaine et non comptable des évacuations sanitaires, améliorée par l'autorisation d'Air Caraïbes au même titre qu'Air France ; une stabilité des ressources humaines et une réelle continuité des soins ; une transition rapide vers un CHU digne de ce nom et le lancement d'une étude en vue de créer un nouveau site hospitalier. Je vous rappelle que le contexte est d'autant plus difficile que les cliniques privées de Guyane s'apprêtent toutes à fermer.
Quelles sont les décisions qu'entend prendre le gouvernement, madame la ministre ?