Jean-François Rousset Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 suscite chez les médecins inquiétudes et interrogations – en particulier les articles relatifs aux prescriptions des médecins de secteur 3 et à la nomenclature des actes médicaux. Ces inquiétudes surviennent dans un contexte que chacun connaît – une situation financière préoccupante qui nous impose des efforts collectifs et partagés pour garantir la soutenabilité du système de protection sociale.
Les dépassements d'honoraires représentent 4,5 milliards d'euros par an et constituent un facteur reconnu d'inégalité d'accès aux soins. Quelque 75 % des jeunes spécialistes s'installent en secteur 2, sont conventionnés et sont autorisés à dépasser les tarifs opposables, parfois sans taxes ni mesures. Face à cette situation, l'inaction n'est pas une option car elle conduirait mécaniquement à une raréfaction de l'offre à tarifs opposables et à un transfert croissant de l'effort financier vers les patients – soit directement, soit par le biais de leurs complémentaires santé. Ces raisons m'ont conduit à remettre au premier ministre, ainsi qu'à vous, madame la ministre de la santé, le rapport d'information sur les dépassements d'honoraires établi avec mon collègue Yannick Monnet. Il présente dix propositions qui, si elles sont appliquées, devraient permettre d'améliorer la situation et de la rendre plus supportable.
Or ces propositions, parfois mal comprises, suscitent de fortes résistances. L'article 26 bis cible pourtant un nombre très limité de praticiens – environ 800 – qui exercent en secteur 3, c'est-à-dire en dehors du cadre conventionnel avec l'assurance maladie. Quant aux articles 26 ter et 26 quater, ils répondent à une revendication des médecins par l'actualisation de la nomenclature des actes médicaux et chirurgicaux – attendue depuis vingt ans et dont l'absence est, selon eux, une des causes principales des dépassements d'honoraires. Elle permet la hiérarchisation des actes et la fixation des tarifs. Le PLFSS prévoit de préserver ce cadre tout en fixant un délai afin d'éviter les blocages.
Madame la ministre, pourriez-vous préciser comment le gouvernement entend concilier responsabilité financière, équité d'accès aux soins et dialogue avec les professionnels ?