Stéphane PeuLes États-Unis viennent, par leur action militaire au Venezuela, de réactiver la doctrine Monroe selon laquelle le continent américain devrait être sous leur emprise. Toute l'Amérique du Sud et la Caraïbe, dont font partie certains territoires et collectivités d'outre-mer, sont déstabilisées.
Une action menée en violation absolue du droit international et de la souveraineté d'un État : voilà ce qu'aurait dû dénoncer la France par la voix de son président. Or la déclaration du président Macron, immédiatement relayée par Donald Trump, est une insulte à notre histoire et une humiliation. En se rangeant derrière la stratégie américaine, il engage notre pays dans une voie dangereuse. Désormais, le Groenland est menacé. L'Union européenne, par son silence coupable, prépare une capitulation face à la logique coloniale américaine.
En 2003, la France a su dire non aux Américains lors de l'invasion de l'Irak. Elle doit aujourd'hui dire non à ce nouvel acte de guerre impérialiste, qui n'a d'autre but – et il est assumé – que d'accaparer les ressources pétrolières du Venezuela.
Face aux différentes puissances, comme la Russie et Israël, qui s'évertuent à saper l'ordre juridique mondial, la France, comme membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, doit s'imposer comme la garante du respect du droit international et de la Charte des Nations unies. Elle peut entraîner la grande majorité des États qui croient encore que le progrès et la paix sont du côté du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Il faut savoir dire non aux États-Unis quand ils sont acteurs du désordre du monde. Notre parlement doit être rapidement entendu. Monsieur le premier ministre, nous vous demandons donc, en application de l'article 50-1 de la Constitution, de faire rapidement devant notre assemblée une déclaration sur la position et le rôle de la France dans cette crise internationale.