Marine HameletSur la question agricole, plus personne n'est dupe. La lettre ouverte du premier ministre aux agriculteurs, publiée le 4 janvier 2026, n'a trompé absolument personne. Chacun y a lu en filigrane ce qui se prépare au niveau européen, malgré le très mauvais jeu d'acteur de la Macronie, auquel vous avez, hélas, pris part.
La signature de l'accord avec le Mercosur n'est malheureusement plus qu'une question de temps, malgré l'opposition de façade mise en scène par le président de la République lui-même. Cet accord signe l'arrêt de mort de plusieurs milliers d'exploitations agricoles françaises. Les pseudo-clauses de sauvegarde, les clauses miroirs que vous agitez comme un hochet, n'y changeront rien – ça, tout le monde le sait.
Personne n'est dupe. Nous assisterons inévitablement, pour la troisième année consécutive, à une révolte paysanne légitime dont les revendications sont portées depuis plus de huit ans. Pourtant, aucune réponse concrète et durable n'a été apportée à ces revendications.
Comble de l'ironie, le premier ministre l'a lui-même avoué lorsqu'il a expliqué que les arrêtés suspendant certaines importations ne seraient qu'une première étape – une première étape, alors que cela fait huit ans que vous êtes au pouvoir ! Mais de qui se moque-t-on ?
D'ailleurs, comment pensiez-vous tromper qui que ce soit avec une lettre aussi faussement obséquieuse, quand, il y a un mois à peine, des blindés étaient déployés face aux agriculteurs, et qu'il y a une semaine encore, un agriculteur était mis en joue par les forces de l'ordre ? Cette scène a choqué la France entière ! Vous poussez le « en même temps » macroniste au-delà de toute décence.
Personne n'est dupe de l'objectif de cette lettre, qui vise à gagner du temps pour ne jamais agir. Ma question aurait pu être : comment comptez-vous sauver l'agriculture française ? Toutefois, face à votre cynisme politique, j'ai simplement envie de vous demander si vous avez conscience que vous êtes en train de la tuer. C'est une responsabilité qu'il vous faudra assumer devant l'histoire.