Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Je vous remercie de votre question : vous m'invitez à parler de notre vision pour l'agriculture, c'est-à-dire de l'avenir et de l'espoir.
Je confirme que cette colère vient de loin. Depuis trop longtemps, les agriculteurs ont le sentiment d'une injustice profonde, du fait d'une accumulation de règles qu'ils ne comprennent pas, souvent décidées loin du terrain. Le gouvernement, loin de contester ce constat, le partage, et le premier ministre, dans la lettre qu'il a adressée aux agriculteurs, a décidé de se saisir de cette question avec détermination.
Depuis que je suis arrivée à la tête de ce ministère, j'ai pris un certain nombre de décisions : allègement des contrôles, allègement des charges administratives liées à la PAC, fin des sanctions automatiques et disproportionnées, reconnaissance de la bonne foi des agriculteurs. Face aux crises – sanitaire, climatique, économique –, l'État a toujours répondu présent, qu'il s'agisse d'indemnisations rapides, de fonds d'urgence ou d'accompagnement bancaire et social. Mais, le premier ministre l'a dit clairement, le mouvement social en cours montre que tout cela ne suffit pas.
Nous entrons donc dans une phase plus ferme et plus offensive. Elle passe d'abord par la lutte contre l'importation de productions qui ne respectent pas les normes européennes, une pratique qui relève de la concurrence déloyale et est vécue comme une injustice profonde. Désormais, l'importation de produits contenant des résidus de cinq substances interdites en Europe, au-delà d'un seuil fixé par l'Autorité européenne de sécurité des aliments, ne sera plus autorisée.
J'ai pris ce week-end un arrêté qui sera signé demain matin. Il vise à suspendre l'entrée dans notre territoire de productions contenant ces substances interdites. Croyez-moi, cette démarche ne fait que commencer.