Ayda HadizadehM. le garde des sceaux n'est pas là ; c'est donc vous, madame la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, qui répondrez à ma question, mais, au fond, elle s'adresse à l'ensemble du gouvernement, tant le sujet est grave.
Le 10 décembre, une enfant de 10 ans était violée par un autre enfant dans un foyer de l'aide sociale à l'enfance. Si nos mots ont un sens, j'aimerais qu'ils traversent ces murs et atteignent cette petite fille ainsi que tous les enfants accueillis par l'aide sociale à l'enfance. Nous sommes souvent en désaccord, nous nous affrontons sur de nombreux sujets, mais il y en a un sur lequel nous nous retrouvons, et je voudrais qu'ils l'entendent, parce que de tels sujets sont rares : nous sommes tous bien réveillés et conscients du fait que la protection de l'enfance est en faillite. Les 300 pages du rapport de notre collègue Isabelle Santiago, ici présente, le démontrent noir sur blanc.
Dès lors, la question qui se pose à ce gouvernement est la suivante : êtes-vous déterminés à mettre un terme à ces manquements, à ces violences ? Peut-on encore supporter que notre République inflige des souffrances à des enfants qu'elle prétend protéger parce qu'elle les a retirés à des parents qui eux-mêmes étaient violents ?
Vous allez défendre dans les prochains mois – vous êtes en train d'y travailler – un projet de loi relatif à l'aide sociale à l'enfance. Le 11 décembre, nous avons fait voter à l'unanimité des plus de 200 députés présents, issus de tous bords politiques, une proposition de loi qui rendait obligatoire et systématique la présence d'un avocat aux côtés des enfants placés.
Ma question est simple et directe : reprendrez-vous ces dispositions dans votre projet de loi, afin que chaque enfant placé soit doté d'un protecteur et d'un gardien de ses droits ?