Sylvain CarrièreJe tiens tout d'abord à exprimer le soulagement de l'ensemble du groupe La France insoumise, suite à la libération de Steeve Rouyar, et notre gratitude envers les agents de l'ambassade de France au Togo pour leur travail.
Ma question s'adresse à Mme la ministre de l'agriculture.
Depuis des années, l'opposition au Mercosur gronde dans toute la France : les agriculteurs et tous leurs syndicats se mobilisent, plus de 70 % des Français s'y opposent et l'Assemblée nationale a adopté, à l'unanimité, notre résolution pour rejeter cet accord. On pourrait donc s'attendre à ce que le président et son gouvernement soient vent debout contre cet énième accord de libre-échange… Mais depuis huit ans, ils sont dans l'ambiguïté permanente ; d'une semaine à l'autre, Emmanuel Macron passe du non affirmé à un avis plutôt positif… C'est en réalité une opposition de façade. Votre seule volonté, c'est de repousser l'entrée en vigueur de l'accord pour calmer la colère des agriculteurs, mais le report ne suffit plus : les agriculteurs ne veulent pas mourir moins vite, ils veulent vivre dignement de leur travail.
Alors que vous ordonnez des abattages et rechignez à vacciner massivement contre la dermatose nodulaire contagieuse bovine – la DNC –, pensez-vous vraiment que l'importation de 100 000 tonnes de bœufs brésiliens bourrés aux hormones va devenir acceptable ? Les agriculteurs ne sont pas dupes, et nous non plus.
Alors, que proposez-vous pour faire passer la pilule ? Davantage de contrôles sur les importations… mais vos gouvernements ont baissé les effectifs de la répression des fraudes de 25 % en quinze ans ; des suspensions d'importations temporaires, qui ne sont pas une solution à moyen terme ; enfin, une clause de sauvegarde et des mesures miroirs inefficaces qui n'empêcheront ni la concurrence déloyale ni la délocalisation de l'élevage français. Rien sur le protectionnisme solidaire, que nous appelons de nos vœux parce qu'il protégerait nos agriculteurs, notre santé et notre environnement.
Allez-vous enfin respecter la voix du peuple français et vous engager clairement à refuser cet accord et à tout mettre en œuvre pour son abandon définitif ?