Jacques ObertiMa question s'adresse à M. le premier ministre.
Il y a quelques jours, le groupe La Poste a subi, pour la seconde fois en deux semaines, une cyberattaque importante par déni de services distribués, celle-ci ayant saturé les accès à ses activités postales et bancaires. Il y a quelques mois, certains de nos hôpitaux étaient touchés ainsi que des entreprises et des collectivités territoriales, avec parfois comme conséquence le vol massif de données confidentielles de milliers de patients, de clients ou d'usagers.
Ces cyberattaques poussent à s'interroger sur l'opérabilité de la transposition de la directive européenne NIS 2 – sécurité des réseaux et des systèmes d'information –, qui vise à les prévenir en donnant des moyens d'accompagner les structures et les services potentiellement concernés.
La France est aujourd'hui le dernier pays européen à ne pas avoir transposé NIS 2. Elle s'expose ainsi à une amende conséquente. Rappelons le calendrier : en octobre 2024, limite fixée pour la transposition, le gouvernement dépose un projet de loi au Sénat sur la cyberrésilience et engage la procédure accélérée ; après une première lecture, le texte arrive à l'Assemblée en mars 2025 ; la commission spéciale boucle ses travaux, mais la procédure s'arrête, buttant sans doute sur le nouvel article 16 bis sur la protection des messageries cryptées, adopté par le Sénat et confirmé par la commission spéciale.
Aussi, ma question est double : peut-on considérer définitivement que le texte initial du gouvernement sur la levée du cryptage relevait bien d'une surtransposition et que l'article 16 bis doit être maintenu ? Dans l'affirmative, comptez-vous inscrire en priorité le texte à l'ordre du jour, une fois le débat budgétaire terminé ?