Marc FerracciLa nuit du 31 décembre devait être une nuit de fête, de joie et d'espérance. À Crans-Montana, dans le bar La Constellation, elle s'est transformée en cauchemar absolu. La réalité est insoutenable : quarante morts, dont la moitié étaient mineurs et parmi lesquels on compte neuf de nos compatriotes ; plus de quatre-vingts blessés qui luttent encore pour leur vie. Derrière ces chiffres, toute une génération est meurtrie. Je veux dire notre infinie tristesse aux familles et à tous les proches des victimes dont la vie a basculé et leur adresser le témoignage de notre douleur partagée.
Face à l'horreur, la solidarité s'est organisée avec une force exemplaire. Je tiens à saluer le courage des secours et la réactivité immédiate de la coopération franco-suisse, qui a été à la hauteur de l'amitié qui lie nos deux pays. Français et Suisses ont montré au travers de ce drame, une fois encore, qu'ils étaient plus que des voisins. C'est le sens de la présence du président de la République à l'hommage qui sera rendu aux victimes ce vendredi en Suisse.
L'Europe de la santé a pleinement répondu présent : trente-cinq patients ont été transférés hors de Suisse vers les pays voisins. La France a accueilli dix-neuf blessés graves, qui ont été pris en charge très rapidement grâce à la mobilisation exceptionnelle de nos services de santé, du centre de crise et de nos armées.
Je salue également les équipes des services consulaires pour leur engagement total auprès des familles des victimes françaises. J'ai été en contact étroit avec certaines de ces familles dans les derniers jours, et je peux témoigner de l'appui qui leur a été apporté par notre consulat général à Genève et par notre consulat honoraire à Sion.
Monsieur le premier ministre, après l'urgence des premiers instants vient désormais le temps douloureux des questions et de la reconstruction. Comment la coopération franco-suisse va-t-elle se poursuivre dans les prochains mois ? Comment l'État compte-t-il épauler concrètement les familles des victimes françaises dans le parcours judiciaire complexe qui s'ouvre de l'autre côté de la frontière ? Enfin, quels dispositifs allez-vous déployer pour garantir dans la durée la rééducation des blessés et le soutien psychologique aux familles face à ce traumatisme indélébile ?