Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères . Comme vous, je regrette un certain nombre d'indignations sélectives de la part de ceux qui refusent de voir la réalité des faits, tandis qu'une chape de plomb couvre l'horreur de ce qui se déroule aujourd'hui à Téhéran et dans les provinces de l'Iran. Il ne suffit pas de se lamenter d'une situation désastreuse, il faut qualifier les faits. C'est ce que la France a fait hier en dénonçant cette violence d'État qui s'est abattue sur les manifestants pacifiques. Cette condamnation a été signifiée au ministre des affaires étrangères d'Iran et le sera à l'ambassadeur d'Iran en France, que nous avons convoqué.
Nous n'allons pas en rester là car il ne saurait y avoir aucune forme d'impunité pour les auteurs de cette répression, pas plus qu'il n'y en a eu pour les répressions précédentes dont les auteurs ont été ciblés par des sanctions européennes. Je vous renvoie à la déclaration faite il y a quelques minutes par la présidente de la Commission européenne, qui va proposer un certain nombre de désignations nouvelles ciblant celles et ceux qui ont tourné leurs armes contre des civils innocents.
Je veux insister sur le courage inouï dont font preuve nos sœurs iraniennes et nos frères iraniens, qui sont prêts à prendre tous les risques, y compris le plus grand d'entre eux, au service d'une cause juste : la défense des droits et libertés fondamentales. Nous continuons bien évidemment à suivre très attentivement la situation et à agir pour qu'elle prenne fin au plus tôt.