Éric Ciotti Ma question s'adresse à M. le premier ministre. Il est des moments où le silence n'est plus une prudence mais une faute : face à la situation en Iran, la France ne peut rester silencieuse.
Depuis 1979, la dictature islamique ne gouverne pas : elle enchaîne. Elle ne conduit pas un peuple : elle le brise. Aujourd'hui, elle tue massivement : 2 000 victimes seraient déjà à déplorer.
Au cœur de cette oppression figurent la jeunesse et les femmes. Celles que le régime veut invisibiliser sont devenues le visage du courage. Celles qu'il humilie, menace, emprisonne et tue sont devenues le symbole de la liberté.
Nous n'avons pas oublié Mahsa Amini, morte pour quelques mèches de cheveux. Nous n'avons pas oublié ces femmes qui retirent leur voile au péril de leur vie. Nous n'avons pas oublié cette femme courageuse qui, avec sa cigarette, a brûlé la photo de l'ayatollah Khamenei.
À l'extérieur, l'Iran des mollahs est devenu un facteur majeur de chaos. Il finance et arme des milices terroristes dont le Hezbollah et le Hamas, entretient les guerres, du Liban au Yémen. Il représente une réelle menace nucléaire.
La France a connu le prix de sa barbarie. Nous nous souvenons du Drakkar en 1983 – nous pensons à nos militaires morts.
Ce qui se joue aujourd'hui n'est pas une revendication mais le réveil d'une civilisation qui a éclairé l'humanité.
La France ne peut plus demeurer dans l'ambiguïté. Allez-vous, comme je l'ai demandé également au président de la République, reconnaître l'opposition iranienne et exiger de l'Union européenne l'inscription des gardiens de la révolution comme organisation terroriste ?
La clarté n'est pas une provocation mais une nécessité morale. L'histoire nous regarde. Elle nous jugera.