Roland Lescure, ministre . Cette volonté, affirmée par plusieurs hommes et femmes politiques, dans votre groupe et ailleurs, est essentielle, aussi bien aujourd'hui que demain, en 2027 et plus tard. Car la réaction de la France et de l'Europe – tiendront-elles ou courberont-elles l'échine ? – fera l'objet d'un des débats importants à venir.
Je me trouvais hier à Berlin avec mon homologue allemand. Pour la première fois, les tarifs commerciaux, qui sont des armes économiques, sont utilisés, vous l'avez dit, à des fins géopolitiques, qui plus est face à des alliés historiques – la France et les États-Unis sont amis depuis deux cent cinquante ans.
C'est évidemment inacceptable. Nous devons réagir en tant que Français et en tant qu'Européens mais nous ne sommes pas les seuls concernés : les Anglais, les Norvégiens et demain les Canadiens seront aussi visés par des menaces de ce type.
Vous l'avez dit, le président de la République a expliqué clairement que nous ne devions nous priver d'aucun des instruments disponibles – car ils existent – pour affirmer la force de l'Europe et de son marché unique : les accords commerciaux en vigueur, les tarifs votés en Europe et suspendus jusqu'à fin février ou encore l'accord anticoercition que vous avez cité. Rien ne doit être écarté.
Nous devons faire feu de tout bois, avec pour objectif premier que cette menace ne soit pas mise à exécution. Nous pouvons encore y parvenir à condition de nous engager, y compris avec les Américains. Le président de la République vient d'annoncer à Davos qu'il souhaitait la tenue d'un sommet du G7.