Karine LebonÀ La Réunion, un premier cas de mpox vient d'être confirmé chez une personne de retour de Madagascar. La circulation régionale du virus, de la même famille que celui de la variole, est établie. Les Réunionnaises et les Réunionnais s'inquiètent légitimement. En cette période de rentrée à La Réunion, les déplacements se multiplient, les retours des îles voisines aussi. Dans ce contexte, la responsabilité s'impose : il faut agir avant que les chiffres ne s'emballent et que la peur ne s'installe. Je pose cette question depuis Paris, mais la réalité, elle, se joue à La Réunion.
Les territoires insulaires connaissent la mécanique des crises sanitaires : quand la prévention arrive après l'afflux, les soignants encaissent, l'hôpital se tend, et l'angoisse progresse plus vite que l'information. Un appel général à la vigilance doit s'accompagner d'une organisation solide et de moyens immédiatement mobilisables. Si sur le continent africain en général, la circulation du virus est en baisse, ce n'est ni le cas à Madagascar ni dans la zone océan Indien. Nous craignons pour notre territoire. Il est de notre devoir de prendre les devants.
La Réunion a déjà payé le prix des retards : pendant le covid, la logistique et la réactivité ont trop souvent été un combat ; l'épidémie de chikungunya l'an dernier a montré à quelle vitesse une crise sanitaire pouvait saturer un territoire. Ce premier cas de mpox doit rester un signal d'alerte ; il ne doit pas être le point de départ d'une épidémie incontrôlée. Nous avons été trop habitués aux messages tardifs qui tentent de rattraper une anticipation manquée.
La transparence protège. Elle empêche l'incertitude de s'installer, coupe court aux fantasmes et aux rumeurs, évite que l'étincelle ne se transforme en incendie. Madame la ministre de la santé, que proposez-vous pour protéger les habitants et donner aux soignants les moyens d'agir sans attendre ?