Christophe MongardienDepuis trente jours en Iran, des femmes et des hommes descendent dans la rue au péril de leur vie pour réclamer une chose simple : la liberté. Et la réponse du régime est encore une fois d'une brutalité implacable. Tirs, arrestations massives, torture, condamnations expéditives, aveux forcés, internet coupé, blessés traqués et arrêtés jusque dans les hôpitaux.
Un bilan provisoire donne le vertige : plus de 6 000 morts confirmés, 40 000 arrestations, 11 000 blessés, et plus de 18 000 encore sous investigation. Même le décompte des morts est entravé tandis que la répression, elle, continue.
Dans deux jours, le 29 janvier, les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne se réuniront à Bruxelles. Ce rendez-vous ne peut pas être une simple formalité. Il faut transformer les mots en actes. Car nous savons qui tient l'appareil de la répression : les gardiens de la révolution islamique. Ils sont non seulement un outil de terreur intérieure mais aussi une force de déstabilisation régionale et une menace qui dépasse les frontières de l'Iran : dans la région, en Ukraine, chez nous.
L'attente démocratique est claire. L'an dernier, nous avons voté la résolution de ma collègue Constance Le Grip demandant l'inscription des gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes. Le Parlement européen, lui, a préconisé cette mesure à dix reprises. C'est donc une demande constante. Certains de nos partenaires l'ont déjà fait : les États-Unis, les pays du Golfe – l'Arabie saoudite et Bahreïn –, le Canada et l'Australie dernièrement. N'hésitons plus !
Nous pensons bien évidemment à nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris, encore sur place, à leur sécurité, ainsi qu'à tous nos autres ressortissants.
La France soutiendra-t-elle, au Conseil du 29 janvier, la demande d'inscription des gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes ?