Agnès Pannier-Runacher Il y a dix jours, avec mes collègues Yannick Neuder, du groupe Droite républicaine, Guillaume Garot, du groupe socialiste, ainsi qu'une trentaine de députés de différents groupes que je veux ici remercier, nous avons publié une tribune pour appeler à réduire l'alimentation ultratransformée.
Les données scientifiques sont sans appel : selon la revue de référence The Lancet, l'alimentation ultratransformée contribue directement à l'explosion de l'obésité, du diabète et des maladies cardiovasculaires mais aussi de la dépression et de nombreuses pathologies chroniques responsables de décès prématurés.
En France, ces produits représentent déjà près de 35 % des calories consommées. Selon un rapport du Sénat, ils coûteraient, au minimum, 11 milliards par an à l'assurance maladie, soit la moitié du déficit de la sécurité sociale.
La situation est particulièrement alarmante pour nos enfants. L'obésité infantile progresse et le diabète de type 2 apparaît désormais chez des adolescents – du jamais vu –, avec des conséquences irréversibles sur toute leur vie. C'est aussi une question de justice sociale.
Agir, ce n'est pas culpabiliser mais protéger en encadrant les promotions et la publicité, en éduquant les enfants à l'alimentation et en donnant une information loyale et transparente au consommateur, par exemple avec le nutri-score.
Il faut aussi mener cette bataille pour nos agriculteurs. Certes, la qualité a un coût mais elle crée pour eux du revenu et des emplois, et résonne profondément avec notre identité culturelle.
Madame la ministre de la santé, la stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat ne peut plus attendre. Mes questions sont très simples : quand le gouvernement présentera-t-il cette stratégie, attendue depuis des mois, avec un cap clair de réduction de la consommation de produits ultratransformés ? Soutiendrez-vous la proposition de loi de ma collègue Olivia Grégoire visant à instaurer une éducation à l'alimentation à l'école ainsi qu'une proposition de loi qui définirait, sur la base d'un consensus scientifique, l'alimentation ultratransformée ? Enfin, êtes-vous prête à défendre cet enjeu auprès de la Commission européenne ?