Karim Benbrahim Cette absence de cap a des conséquences concrètes alors que, dix ans après l'accord de Paris, la France demeure largement en retard dans ses objectifs climatiques. Cette absence de cap prive les acteurs de la visibilité dont ils ont besoin. Des projets sont abandonnés, des entreprises quittent le pays et des suppressions d'emplois sont annoncées, alors même que nous devrions renforcer nos souverainetés et bâtir nos propres filières industrielles. Désormais, c'est un risque de fort ralentissement ou de quasi-moratoire qui inquiète les filières éoliennes et photovoltaïques. Vous avez annoncé ce matin une baisse des objectifs, mais le nouveau nucléaire n'arrivera pas avant douze ans. Les énergies renouvelables terrestres ne peuvent donc pas être mises au ralenti, comme un gage donné aux LR. Le retard pris dans l'électrification doit être rattrapé, il ne doit pas servir de prétexte.
L'absence de cap ambitieux pèse aussi sur le pouvoir d'achat des Français. Le premier ministre avait promis une baisse significative des factures d'électricité. Le ministre Papin évoquait une baisse de 10 %. Finalement, l'arrêté a été publié vendredi dernier : ce sera moins de 75 centimes par mois pour les foyers français – une miette ! Dans le même temps, le financement des investissements dans la transition écologique est transféré vers les consommateurs, via les certificats d'économie d'énergie, au détriment de la solidarité nationale. Or la transition écologique ne pourra réussir sans justice sociale.
Monsieur le ministre de l'économie, vous avez annoncé ce matin, sur un plateau télé, une baisse des objectifs en matière d'énergies renouvelables. Pouvez-vous préciser devant la représentation nationale quels objectifs figureront dans la PPE ? Ne pensez-vous pas qu'il est temps de concilier ambition écologique et ambition sociale ?