Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur . Vous avez raison, les refus d'obtempérer ont augmenté de 11 % en 2025 par rapport à 2024 et représentent 28 200 faits. Il faut s'en inquiéter, mais cela illustre aussi que nous sommes présents sur le terrain, que nous patrouillons efficacement et que nous ne laissons rien passer.
J'entends certains médias évoquer un prétendu échec de l'État. Comment pourrait-on parler d'échec alors que nous avons abandonné les instructions qui, il y a vingt ans, demandaient de ne poursuivre qu'en cas de délits et de crimes de sang ?
Désormais, nous sommes présents, fermes, et nous donnons des instructions d'autorité à nos forces de sécurité – c'est une bonne chose.
Il peut y avoir des blessés – et je le déplore. J'adresse tout mon soutien aux gendarmes et aux policiers engagés dans ces courses-poursuites, qui peuvent être blessés. Je me suis d'ailleurs rendu à Nantes il y a quarante-huit heures, au chevet d'un policier grièvement blessé ce week-end alors qu'il prenait en chasse un véhicule. Le conducteur a brusquement fait demi-tour et percuté violemment le véhicule de police, blessant gravement trois agents.
J'y insiste, nous ne baisserons pas la garde ; nous continuerons à engager des poursuites – les instructions sont claires, fermes, et la main de l'État ne tremble pas.
Le garde des sceaux adresse régulièrement des instructions de fermeté aux parquets. Lorsque la vie de policiers ou de gendarmes est mise en danger, les poursuites sont engagées avec la circonstance aggravante d'infraction contre une personne dépositaire de l'autorité publique. À Nantes, le procureur a même courageusement ouvert une enquête pour tentative d'homicide.
Comptez sur la fermeté du gouvernement pour lutter contre les refus d'obtempérer.