Marie-Agnès Poussier-WinsbackPlusieurs fois, lors des questions orales sans débat, j'ai interpellé le gouvernement sur la situation dramatique des victimes d'usurpation d'identité.
Si je me permets d'être insistante sur le sujet, c'est parce que je pense au calvaire que vivent les victimes. Les médias indiquent régulièrement que plus de 200 000 Français seraient concernés. Ils citent le ministère de l'intérieur, mais je n'ai pas réussi à trouver de chiffres officiels. Pour que nous comprenions tous bien l'ampleur du phénomène, ce chiffre correspondrait au nombre de cambriolages commis en France chaque année.
Force est de constater que les mesures actuelles de sensibilisation et de lutte contre la fraude sont très insuffisantes, alors même que ce phénomène risque de s'aggraver avec l'essor des technologies de l'IA générative.
Dans ma circonscription, un administré subit une situation affolante. Depuis le piratage de sa boîte mail en 2019, des escrocs ont immatriculé plus de 3 000 véhicules à son nom, en utilisant une carte d'identité falsifiée et en créant des sociétés fictives. Bien qu'il ait prouvé systématiquement son innocence, le calvaire administratif ne cesse pas – chaque jour, il reçoit des dizaines de procès-verbaux qu'il doit contester.
Face à ces dérives, il n'y a d'autre solution que d'adopter un mécanisme qui renforcerait la sécurité des procédures d'identification et garantirait un traitement prioritaire pour les cas avérés d'usurpation d'identité.
Combien de nos concitoyens sont victimes de ce phénomène ? Dans quel délai pouvons-nous espérer qu'une expertise soit faite, entre les ministères de l'intérieur et de la justice et Bercy, pour que nous puissions trouver des solutions ?
La situation est devenue insoutenable. Il est urgent d'agir. Nous devons rassurer nos concitoyens sur ce sujet.