Sophie Taillé-PolianMa question s'adresse au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
« On meurt dans vos universités. » C'est par ces mots, très forts, que la présidente de l'université Paul-Valéry, à Montpellier, alerte le président de la République. Dans sa lettre, elle mentionne les morts au travail et les arrêts de longue maladie qui frappent ses agents en raison de la dégradation excessive des conditions de travail des personnels de l'enseignement supérieur.
Monsieur le ministre, vous avez organisé des assises du financement des universités pour « objectiver la réalité de leur financement », mais la réalité, on la connaît ! Elle est décrite par cette présidente d'université. La réalité, c'est que quasiment toutes les universités ont voté un budget en déficit pour 2026, car la loi de programmation budgétaire de 2020, déjà insuffisante, n'a jamais été respectée. C'est le serpent qui se mord la queue : sous prétexte de ces déficits, l'État bloque les recrutements d'enseignants-chercheurs et de personnels administratifs. Aucune perspective d'amélioration de leurs conditions de travail n'est donnée par la tutelle et les universités s'enfoncent dans la crise.
Cette situation financière, en même temps qu'elle abîme et précarise les agents, dégrade les conditions d'étude. Des étudiants de ma circonscription m'ont alertée : ils sont inscrits à Créteil en première année de sciences pour la santé, mais 100 % de leurs enseignements sont en distanciel. Des jeunes de 18 ans à qui on impose de rester chez eux pour apprendre la médecine ! C'est une génération qu'on sacrifie alors qu'on devrait investir dans son avenir. Vous préférez la confier aux mains du privé lucratif, qui fournit bien souvent des formations au rabais : le nombre d'étudiants dans le privé a augmenté de 63 % en dix ans.
Face à la menace de l'extrême droite, qui s'attaque à la science,…