Gérald Darmanin, garde des sceaux, ministre de la justice. Je tiens d'abord à adresser des mots d'empathie et de compassion à la famille de Quentin et à tous ceux qui le connaissent. Soyez assurés que M. le ministre de l'intérieur, actuellement en déplacement officiel en Algérie, et moi-même mettons les moyens, auprès du procureur de Lyon comme de la police judiciaire lyonnaise, pour que les auteurs soient interpellés, présentés devant la justice, et, nous l'espérons, condamnés à la hauteur de l'homicide volontaire, puisque c'est ainsi que les faits ont été qualifiés par le procureur de la République de Lyon.
Vous m'interrogez sur les groupuscules qui utilisent la violence physique pour mettre leurs idées en avant et qui tuent, vous l'avez dit, madame la présidente, non pas de mort lente, comme le disait Brassens, mais physiquement, déplaçant ainsi une démocratie dans un état de sauvagerie. Comme ministre de l'intérieur, j'ai dissous de nombreuses associations d'ultradroite et d'ultragauche. Nous devons continuer à le faire : M. Laurent Nuñez le fera, comme l'a fait Bruno Retailleau. Le gouvernement sera toujours à vos côtés – le Parlement aussi, je l'espère – lorsqu'il faudra mettre fin à des agissements contraires à la démocratie.
Vous l'avez dit, tout comme M. Glucksmann – je tiens à souligner la quasi-unanimité politique –, la brutalisation de la vie politique doit s'arrêter. Il y a de la brutalisation quand on dit que la police tue, alors que dix à quinze policiers et gendarmes meurent chaque année , lorsque l'on se déchaîne sur un ballon de football qui représente la tête d'un ministre, en l'occurrence Olivier Dussopt, ou encore lorsqu'on justifie l'action de la Jeune Garde et qu'on investit comme candidat aux élections législatives son dirigeant, déjà condamné pour violences physiques.
Jean-Paul Sartre disait que les mots étaient des revolvers chargés. Que ceux qui arment les revolvers des mots les déchargent pour que nous puissions avoir une démocratie vivante et qui ne se termine pas par la mort de jeunes hommes et de jeunes femmes dans la rue.