Nicolas BonnetJe tiens tout d'abord, au nom du groupe Écologiste et social, à adresser nos sincères condoléances à la famille de Quentin Deranque.
Je veux ensuite revenir sur une question qui devrait toutes et tous nous rassembler, tant les enjeux sont majeurs : le changement climatique. Depuis plusieurs semaines, la France subit des tempêtes et des pluies diluviennes, provoquant des crues et inondations de grande ampleur, avec soixante-dix départements en vigilance crue. J'aimerais que nous rendions hommage aux victimes, mais aussi aux pompiers, aux agents de la sécurité civile, aux gendarmes, aux policiers, et plus largement aux citoyens qui s'engagent pour venir en aide aux sinistrés.
À cette heure, des milliers de foyers restent sans électricité et de nombreuses routes sont fermées. Selon le dernier bulletin de Vigicrues, de nouvelles inondations sont attendues dans les prochains jours. Mais il ne suffit pas de déplorer les catastrophes. Le président Macron disait il y a peu : « Qui aurait pu prédire ? » Les scientifiques le prédisaient, depuis des dizaines d'années, mais encore faudrait-il les écouter et agir !
Ces phénomènes sont l'une des conséquences directes et tangibles du réchauffement climatique, qui entraîne une augmentation en fréquence et en intensité des événements climatiques extrêmes. Face au changement climatique, nous devons à la fois éviter l'ingérable, en réduisant drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, et gérer l'inévitable, en adaptant nos territoires et nos modes de vie. C'est pourquoi l'objectif zéro artificialisation nette et la transition agroécologique doivent rester des priorités absolues, afin notamment de renforcer la capacité des sols à retenir l'eau. Nous devons aujourd'hui choisir entre ce qui est juste et ce qui est facile, entre le conservatisme, qui par son inaction est un déni obscurantiste des lois de la nature, et la science, qui nous invite à regarder le réel en face pour agir en conséquence.
Monsieur le premier ministre, vous affichez de belles intentions, mais les politiques de vos gouvernements depuis 2017 ne sont pas à la hauteur. Encore aujourd'hui, les actions ne suivent pas : vous diminuez les financements accordés à l'atténuation et à l'adaptation dans le budget adopté par 49.3 et vous remettez à l'ordre du jour le détricotage de l'objectif ZAN avec la proposition de loi Trace.