Sandrine RunelJeudi 12 février, Quentin Deranque, étudiant lyonnais de 23 ans, a été victime d'un lynchage d'une extrême violence. Il en est mort ce samedi. Je veux à nouveau adresser à sa famille et à ses proches nos plus sincères condoléances.
Il appartient désormais à la justice de faire toute la lumière sur ce crime épouvantable. En revanche, il est de notre responsabilité, nous, élus et formations politiques, de s'opposer à la violence politique et d'être les garants de la dignité du débat démocratique. Cette violence, qu'elle s'exprime verbalement, jusque dans cet hémicycle ou sur les réseaux sociaux, ou qu'elle soit physique, dans les rues, est le symptôme d'un mal qui progresse, d'une brutalité qui s'installe, d'un débat démocratique qui s'abîme. Rien ne justifie jamais la menace, la violence, le meurtre. La démocratie est un combat d'idées, pas un combat de rue. Partout où la violence surgit, chacun doit avoir le courage de la condamner sans détour, sans calcul et sans lâcheté car la République ne tolère ni la violence ni les silences complices. Ce sang versé par la violence est celui d'une blessure infligée à toute la nation qui nous rappelle Clément Méric et Federico Martín Aramburú.
Nous n'accepterons jamais les meurtres ni la violence politique, quelle qu'en soit la forme. Je veux le dire avec netteté et être entendue sur tous les bancs : nous n'exonérerons jamais personne, aucune organisation de ses complicités ou de ses complaisances à l'égard des groupuscules violents. Chacun doit en tirer les conclusions dès maintenant. Nous ne tolérerons jamais que l'on meure pour ses idées dans une démocratie. Monsieur le premier ministre, chers collègues, un tel drame est notre affaire à tous et nul ne peut se défausser. Nous opposerons aux marchands de haine et aux semeurs de division ce qu'ils ne pourront jamais briser : la force de l'État de droit, la dignité que nous devons aux victimes et le respect indéfectible de la démocratie.
Au-delà des hommages et des minutes de silence, quelle garantie concrète le gouvernement compte-t-il apporter pour qu'aucun citoyen, militant ou élu …