Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Je tiens à dire à mon tour quelques mots du drame qui s'est déroulé il y a quelques jours. Toute la communauté de l'enseignement supérieur est en deuil. Quentin était étudiant à Lyon 2, en science des données. Poursuivre et condamner les auteurs de cette ignominie est la première des priorités, mais il faut aussi traiter le problème que vous soulevez : celui de la violence politique qui s'exerce aussi, parfois, dans les établissements. Oui, des responsables politiques attisent la haine, excitent les passions, manipulent les consciences de certains étudiants. Oui, cette haine peut se retrouver dans l'enceinte de nos établissements. Cela arrive, car l'université n'est ni plus ni moins que la caisse de résonance de notre société.
C'est une chose qu'un élu soit invité à débattre par une association étudiante ; tous les élus de la République peuvent intervenir dans des conférences, il n'est pas question de l'interdire par principe. En revanche, lorsqu'une conférence présente un risque sérieux et avéré de troubles à l'ordre public, elle ne doit pas pouvoir se tenir. Cette décision doit être prise au cas par cas, en responsabilité, par les établissements. L'interdiction doit, autant que possible, être exceptionnelle, mais elle doit pouvoir être décidée. J'ai signé hier, avec mon collègue ministre de l'intérieur, une circulaire à destination des recteurs et des préfets pour leur rappeler l'importance de leur accompagnement dans l'appréciation et l'encadrement de telles situations. S'il existe des risques élevés inhérents à l'organisation d'une conférence, il faut l'interdire.
Le rôle de l'université est d'être un espace de débat contradictoire, apaisé, fidèle à sa mission d'enseignement. J'appelle tous les établissements à veiller au respect scrupuleux de ce principe simple et évident, que vous avez rappelé.