Didier LemaireAvant tout, permettez-moi, au nom du groupe Horizons & indépendants, de m'associer à cette minute de silence et d'adresser ma solidarité aux milliers de sinistrés et aux victimes des intempéries actuelles. Je remercie et salue l'engagement sans faille de tous ceux qui luttent sur ce front. Enfin, permettez-moi d'exprimer ma colère face à cette situation, une colère lucide devant l'ampleur du désastre et l'urgence à agir.
Vous connaissez déjà les faits – des intempéries exceptionnelles et généralisées et la prochaine qui se profile. Une citation de la climatologue Françoise Vimeux résume tout : « Nous ne reviendrons pas au climat d'il y a vingt ou trente ans. Les inondations deviennent la norme dans certaines régions. » C'est brutal, exact, inéluctable.
Oui, il y a urgence à régler les problèmes. Les limites évidentes du système accroissent la défiance de nos concitoyens à l'égard de notre capacité à trouver des solutions et de la parole publique. Je connais les arguments invoquant les contraintes juridiques, les lenteurs administratives, la question complexe des assurances, la Gemapi votée il y a plus dix ans, etc. Mais ces explications techniques, et sûrement vraies, sonnent comme des excuses. Car la nature, elle, se moque de nos lois : elle frappe et elle frappe fort.
Je comprends les commentaires des habitants qui attendent de l'État qu'il les défende. Je n'attaque naturellement pas le gouvernement. C'est collectivement que je nous interpelle et nous mets en cause : qui fait quoi aujourd'hui ? Personne ne le sait vraiment, et on ne comprend plus tous les freins environnementaux qui nous font oublier que la priorité absolue – notre priorité absolue – est de protéger les vies, puis les biens.
Monsieur le ministre chargé de la transition écologique, je sais que j'en demande beaucoup. Mais l'enjeu est colossal : il faut nous atteler à ces nouveaux travaux d'Hercule. Nous n'en sommes plus au stade du Beauvau de la sécurité civile. C'est un Grenelle de la protection des populations, facilitateur et simplificateur, que nous devons lancer. Quelles mesures envisagez-vous au regard de cette urgence ?