Géraldine Grangier Madame la ministre de la Santé, je souhaite vous alerter sur la crise grave qui touche aujourd'hui le dispositif Asalée et, au-delà, l'accès aux soins de millions de Français.
Le dispositif Asalée représente 11 500 soignants et près de 3 millions de patients. Son modèle, éprouvé depuis plus de vingt ans, est fondé sur la coopération entre médecins généralistes et infirmières pour assurer la prévention, le suivi des maladies chroniques et l'accompagnement des patients dans tout le territoire.
Pourtant, ce dispositif est à l'arrêt. Depuis le 1er février 2026, plus de 2 000 infirmiers et infirmières ne sont plus rémunérés. La raison ? Une décision unilatérale de la Cnam, qui a suspendu ses financements – pourtant essentiels puisqu'ils représentent plus de 95 % des ressources de l'association – en invoquant des soupçons de conflits d'intérêts, que l'association conteste formellement. En voici les conséquences directes : une cessation de paiements prononcée le 5 mars ; des professionnels plongés dans l'incertitude et en grande détresse ; des milliers de patients fragiles privés d'un accompagnement essentiel.
Derrière cette crise financière, il y a une réalité humaine : celle de Claudine, d'Alexandre, d'Anne-Marie, d'Estelle – et de tant d'autres, dans ma circonscription et dans la France entière. C'est la réalité d'infirmiers et d'infirmières engagés qui accompagnent au quotidien des patients atteints de diabète, d'obésité, d'addictions ou de troubles cognitifs. Ils mènent un véritable travail de prévention et de suivi, qui permet de réaliser d'importantes économies pour notre système de santé : 1 euro investi dans Asalée permet d'en économiser 30.
Pourtant, les acteurs de terrain dénoncent des blocages administratifs et une reprise en main progressive de la gouvernance du dispositif. Ces mesures auraient contribué à l'affaiblir.
Près de 20 000 citoyens ont signé une pétition de soutien. Une mobilisation nationale est prévue le 26 mars pour éviter le démantèlement de ce dispositif. Quelles mesures immédiates le gouvernement compte-t-il prendre pour rétablir les financements de l'association, garantir le paiement des soignants et éviter l'effondrement d'un dispositif essentiel à l'accès aux soins ?