Sébastien Lecornu, premier ministre . Vous avez raison de le préciser. Personne ne l'imagine, madame la présidente.
Non, personne ne le pense – ne faisons pas de procès sur un sujet qui n'en est pas un – sauf peut-être le groupe de La France insoumise, une fois de plus.
Cette guerre cible très directement la circulation maritime. Nous le voyons dans le détroit d'Ormuz, plusieurs mois après ce qui s'est passé en mer Rouge. Il faut éviter que ce conflit, qui a des conséquences sur la circulation maritime, ne se transforme en une guerre de destruction des infrastructures de production d'énergie.
En effet, on peut trouver des solutions diplomatiques et de sécurisation – c'est l'initiative que le président de la République a lancée – pour garantir la liberté de circulation maritime. En revanche, si nous basculions dans une guerre plus durable, dans laquelle les belligérants en viendraient à détruire les outils de production, de transport ou de raffinage du pétrole ou du gaz, la crise deviendrait systémique, et autrement plus grave que celle que nous connaissons depuis trois semaines.
Deuxième point : même si certains réflexes de 2022-2023 reviennent, contrairement à ce que l'on a pu entendre, nous ne sommes pas dans la même situation. À l'époque, nous dépendions massivement de la Russie. Aujourd'hui, nos approvisionnements ne viennent pas des pays du Golfe, mais nous devons faire face à un phénomène de spéculation et à la volatilité des prix.
Les outils à mobiliser ne sont donc pas les mêmes – d'abord parce que les mesures prises à l'époque ont coûté très cher aux finances publiques, ensuite parce que la crise n'est pas de même nature.
Troisième point – la ministre Bregeon l'a rappelé –, au-delà du fait que nous sortons de l'hiver, notre parc nucléaire affiche un rendement bien supérieur à celui de 2022. Notre production d'électricité est donc un amortisseur essentiel.
Pourtant, lors des débats sur les motions de censure déposées il y a peu pour protester contre la publication de la programmation pluriannuelle de l'énergie, certains groupes nous ont reproché de produire trop d'électricité. Or, contrairement à l'Italie ou à l'Espagne, cette production nous protège considérablement.