Claire Lejeune Monsieur le ministre des affaires étrangères, le 28 février, les États-Unis et Israël lançaient une guerre au Moyen-Orient, une guerre impériale et illégale qui viole éhontément le droit international. Le peuple iranien est pris entre les frappes américaines et la terreur du régime des mollahs. Le peuple libanais se retrouve sous les bombes, sur les routes : 1 million de déplacés, Beyrouth et le Sud-Liban ravagés. Nous le disions, laisser faire le génocide en Palestine, c'est permettre un monde sans foi ni loi autre que celle du plus fort. C'est dans l'ombre de ce massacre toujours en cours que les massacres présents se font et que les massacrent futurs se préfigurent.
Voici la mécanique qui se met en place pour légitimer l'agression du Liban : les attaques d'Israël seraient une riposte légitime à celles du Hezbollah. Pourquoi, dans ce cas, y a-t-il eu 10 000 violations du cessez-le-feu par Israël sans que vous ne disiez rien ? Pourquoi des soldats de l'armée libanaise sont-ils tués par des frappes israéliennes, et les habitations et les civils, quotidiennement bombardés ? Pourquoi le ministre Smotrich parle-t-il du Liban comme d'un nouveau Gaza ?
Monsieur le ministre, vous nous déshonorez. Pour vous, la stabilité passe donc par le plan de paix du président Trump, un plan colonial qui nie la souveraineté du peuple palestinien , un plan qui s'arrime à un Conseil de la paix dont l'objectif explicite est de mettre l'ONU au rebut. Pour vous, l'annonce d'une offensive terrestre sur le Liban mérite non pas une condamnation, pas même une opposition, mais – je cite – « une réserve ». L'invasion terrestre d'un pays souverain, l'agression ouverte d'un peuple ami et d'un pays allié ne méritent donc qu'une réserve ? Vous êtes le visage d'une France qui s'est oubliée, car toute notre histoire s'érige fièrement contre ce type de lâcheté. La France libre était au service d'un monde libre ; vous servez celui de Trump et de Netanyahou.
Avant d'engager le Charles de Gaulle dans une guerre qui n'est pas la nôtre, avant de nommer le porte-avions suivant, quand comptez-vous faire entendre la voix de la France au lieu de faire écho à celle des tyrans ?