Estelle Youssouffa Vendredi dernier, le gouvernement a annoncé des mesures pour limiter l'impact de la hausse des prix, mais aucune aide n'est prévue pour les foyers ruraux ou ceux des territoires ultramarins et corses, qui n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture.
Pour Mayotte, le choc pétrolier est le coup de massue de trop. Demain, il y aura une hausse de 30 centimes à la pompe à essence, dont Total a le monopole sur notre île, une hausse de 1 000 euros sur les containers, qui importent la totalité de ce que nous consommons, et une hausse de 40 % sur les tarifs de fret. Dans les supermarchés, la nourriture atteint des prix records. Les prix des billets d'avion explosent alors que c'est notre seul moyen d'aller nous soigner, d'étudier, de travailler et de rendre visite à nos familles à La Réunion et dans l'Hexagone. Et que dire de la nouvelle taxe carbone imposée par l'Union européenne depuis le 1er janvier sur les matériaux de construction ? Le ciment, les tôles, les tiges en acier et les parpaings indispensables à la reconstruction de Mayotte sont devenus des produits de luxe.
Mayotte est à l'agonie : 70 % des Mahorais vivent sous le seuil de pauvreté. Il n'y a quasiment pas de transport en commun. Nous ne pouvons pas faire jouer une quelconque concurrence à cause de la taille de notre marché et nos entreprises ne peuvent pas faire face. Après le cyclone Chido, alors que la crise de l'eau continue, laisser exploser les prix de l'essence, des containers, de la nourriture, des billets d'avion et des matériaux de construction, c'est achever Mayotte. Ce n'est plus une question de cherté de la vie : la survie elle-même est devenue hors de prix et personne ne peut payer la reconstruction. Quelles mesures spécifiques avez-vous prévues pour Mayotte, pour les outre-mer et pour la Corse ?