Manon Bouquin Pendant que se tient à Paris l'édition 2026 du Salon international du transport et de la logistique, sur le terrain la colère monte, les transporteurs se mobilisent, les défaillances explosent, les coûts flambent et les marges s'effondrent. Depuis l'escalade des tensions au Moyen-Orient, le prix du gazole atteint des niveaux historiques.
Comme si cela ne suffisait pas, les vols de carburant se multiplient. Partout en France, des réservoirs sont percés, des camions sont immobilisés. Un réservoir vidé, ce n'est pas seulement du carburant volé : c'est aussi un conducteur bloqué, une tournée annulée, du chiffre d'affaires perdu, alors que les charges doivent toujours être payées.
Face à cette crise brutale, vous ne proposez que des aides ponctuelles, des chèques, du chômage partiel. Les transporteurs ne demandent pourtant ni à être placés sous perfusion ni à travailler moins. Ils veulent rouler, livrer et vivre de leur activité. Pendant que vous temporisez, des camions s'arrêtent, des entreprises ferment et des familles s'inquiètent.
Nous en sommes là aussi parce que, depuis des années, les réformes structurelles nécessaires n'ont pas été menées. L'instabilité énergétique s'ajoute à des décisions politiques mal calibrées. Je pense notamment à la taxe sur les petits colis : vous pensiez attaquer les grandes plateformes mais, sur le terrain, ce sont encore et toujours les transporteurs qui trinquent.
Les entreprises ne demandent pas la charité. Elles veulent une chose simple : être payées à leur juste prix. Elles réclament de la transparence, de l'équité et des règles claires où chaque heure, chaque contrainte, chaque kilomètre est rémunéré à sa juste valeur. Sans transporteurs, il n'y a pas de logistique, et sans logistique, il n'y a pas d'économie. Quand vous déciderez-vous enfin à agir et à prendre des mesures à même de sauver un secteur stratégique qui s'affaiblit chaque jour ?