Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations . La délégation française présente à la 70e session de la Commission de la condition de la femme était la plus importante en nombre et, vous l'avez dit, madame la présidente de la délégation de l'Assemblée aux droits des femmes, elle s'y est rendue dans un contexte très particulier.
Il y a d'abord le retrait américain. La plus grande démocratie au monde revient sur ses engagements en matière de libertés, de choix et de droits. Son opposition frontale s'est traduite par son refus de voter le texte final, de tout temps adopté par consensus. Elle témoigne du rejet américain d'un multilatéralisme auquel nous sommes particulièrement attachés.
Face à cela, la France a en effet une diplomatie féministe. Le sujet, loin d'être marginal, doit être au cœur des discussions diplomatiques car – et c'est le second élément de contexte –, partout à travers le monde, certains tentent d'imposer le retour de bâton dont vous avez parlé. Dans ce recul sur le front des droits humains et des droits des femmes, c'est d'abord le corps de celles-ci qui est attaqué, ainsi que leur capacité à choisir par elles-mêmes et pour elles-mêmes, à se déplacer, à tout simplement exister dans l'espace public, à accéder à l'éducation.
Face aux mouvements théocratiques, religieux, autoritaires ou conservateurs en action, nous devons impérativement continuer à être la voix exigeante de la diplomatie féministe. Face à ceux qui veulent supprimer toute subvention et tout financement aux organisations internationales, aux associations et aux ONG, la France, là encore, tient la ligne de front. Elle est le premier financeur international de ces organisations, parce que c'est notre devoir, notre impératif, notre engagement – et nous le tiendrons ! La voix de la France est attendue, elle compte et elle continuera à porter sur ces questions.