Clémentine Autain Après l'amiante, le cadmium est un nouveau scandale d'État. En effet, vous savez et vous ne nous protégez pas !
Le rapport de l'Anses met une nouvelle fois en lumière le danger que représente ce métal lourd pour notre santé. Il fait suite aux alertes formulées dès 2001 puis en 2005, à l'étude de Santé publique France, au rapport de l'agence sanitaire de 2019 et à l'enquête publiée en 2025 par 60 Millions de consommateurs – dont vous avez d'ailleurs liquidé la structure.
Oui, le cadmium est un poison ! Cancérogène avéré et reconnu, perturbateur endocrinien, facteur de maladies diverses, par exemple rénales, le cadmium est présent dans les engrais phosphatés. Il se retrouve ensuite partout dans nos assiettes : aussi bien dans les pâtes et les céréales que dans les gâteaux, les pommes de terre et le chocolat. C'est un fait : la population française est surexposée au cadmium, à commencer par les enfants et les classes populaires. Près d'un Français sur deux présente un taux de contamination supérieur aux recommandations sanitaires.
Alors que la teneur maximale de cadmium par kilo d'engrais devrait être de 20 milligrammes selon l'Anses, en France, elle peut atteindre jusqu'à 90 milligrammes. Vous annoncez un décret, mais le taux maximal envisagé, 40 milligrammes, ne s'imposerait qu'en 2030 ! Les 20 milligrammes, ce serait pour 2038 – dans plus de dix ans ! –, et encore : sous réserve des résultats d'une étude d'impact.
Pourtant, les méthodes pour décadmier sont connues et peu coûteuses – environ 2 euros par hectare et par an. Pourtant, nous savons qu'il faut transformer profondément notre système agricole pour rendre une alimentation sûre et saine accessible à toutes et tous. Mais vous ne faites rien !
Vous vous êtes même opposés à la proposition de loi que mon collègue Benoît Biteau et moi-même avons déposée et dont l'adoption permettrait de nous conformer aux recommandations sanitaires – j'appelle d'ailleurs mes collègues à la signer, pour qu'elle puisse être soumise au Parlement au plus vite.
Monsieur le premier ministre, je m'adresse à vous : pourquoi refuser de sécuriser nos vies ?