Stéphane Mazars Monsieur le ministre de l'intérieur, dans quelques jours, je quitterai, non sans émotion, mon siège de député après neuf années passées sur ces bancs. Désormais, j'ai l'honneur d'exercer le mandat de maire de Rodez. À mes yeux, c'est le plus beau des mandats mais aussi le plus exigeant.
Ce passage du législatif à l'action quotidienne, du national au local, s'inscrit dans la continuité d'un engagement que j'ai toujours voulu ancré dans la réalité.
À Rodez, comme dans toutes les villes de France, il y a des situations concrètes auxquelles il faut répondre sans délai : une intervention en centre-ville pour des troubles à l'ordre public, un agent confronté à une situation tendue avec des usagers, des incivilités répétées qui font monter la tension dans un quartier.
À Rodez, il y a aussi le souvenir d'un chef de police municipale assassiné en plein centre-ville dans l'exercice de ses fonctions, en 2018. À travers lui, je veux saluer l'engagement de toutes celles et tous ceux qui chaque jour, veillent sur nos concitoyens.
Au fil des années, les polices municipales sont devenues indispensables et pleinement intégrées au continuum de sécurité ; en vingt-cinq ans, elles ont profondément évolué, devenant plus nombreuses, plus sollicitées et plus exposées. Mais leur cadre juridique est resté largement inchangé depuis plus de trente ans. Ce constat appelait une évolution législative. Tel est l'objet du projet de loi que vous présentez, issu du Beauvau des polices municipales, déjà enrichi par les travaux du Sénat et qui sera examiné par la commission des lois de notre assemblée dans les prochains jours. Ce texte confère notamment aux policiers municipaux des prérogatives nouvelles pour constater certains délits et en dresser procès-verbaux, ou encore pour pouvoir recourir à l'amende forfaitaire délictuelle. Cette extension de compétences soulève légitimement la question de garanties entourant l'exercice de ces nouveaux pouvoirs. Je vous invite, monsieur le ministre, à préciser le cadre juridique dans lequel les policiers municipaux exerceront désormais ces nouvelles compétences.
Mais au-delà du vote des lois, vous savez que les maires tiennent à l'application effective des textes. Aussi, quelles mesures sont-elles prévues pour accompagner cette réforme, notamment en matière de formation des agents et d'articulation entre l'autorité du maire et celle du procureur de la République, et plus largement s'agissant des conditions concrètes d'exercice des nouvelles compétences ?