Philippe Bolo Merci, madame la présidente, pour cet hommage à celle et ceux qui ont retrouvé la liberté.
Monsieur le ministre de l'intérieur, pour ce qui sera ma dernière question au gouvernement après neuf années sur ces bancs, je souhaite vous alerter sur un phénomène en pleine explosion, qui ne peut plus être minimisé et qui n'a rien d'anodin : la consommation de protoxyde d'azote. Ce que certains présentent encore comme un simple divertissement est devenu un véritable fléau de santé publique. Aujourd'hui, plus d'un jeune de moins de 35 ans sur dix en a déjà consommé. Derrière l'image trompeuse du gaz hilarant, la réalité est tout autre : atteintes neurologiques graves, paralysies, pertes de sensations, troubles de la vision et de la coordination.
Ces usages mettent aussi en danger la vie d'autrui. Sous l'emprise du « proto », des conducteurs provoquent des accidents, parfois dramatiques, qui brisent des vies et endeuillent des familles.
À ces conséquences sanitaires s'ajoute un coût croissant pour la collectivité. Les bonbonnes abandonnées s'accumulent dans l'espace public, dégradent le cadre de vie, provoquent des explosions dans les incinérateurs, perturbent les chaînes de traitement des déchets et mobilisent, à grands frais, les services municipaux, les syndicats de déchets et les forces de l'ordre.
Face à une banalisation inquiétante, nous ne pouvons plus attendre. Des initiatives parlementaires émergent, des propositions de loi sont déposées, et le gouvernement lui-même envisage de légiférer. Il est désormais impératif d'unir tous nos efforts pour adapter notre droit à ce défi. La réponse doit être globale : renforcer la prévention, encadrer strictement la vente, prévoir des sanctions dissuasives, donner davantage de moyens aux forces de l'ordre et créer de nouveaux délits pour l'inhalation, le transport sans motif légitime, la vente illégale et la conduite sous l'emprise de produit. Il s'agit d'endiguer un phénomène avant qu'il nous échappe, pour protéger notre jeunesse.
Je salue la campagne de prévention lancée par la ministre Marie-Pierre Vedrenne, qui entend montrer, par des images chocs, les dégâts causés par ce fléau. Quelles autres mesures concrètes et rapides le gouvernement entend-il prendre pour stopper l'explosion de la consommation de protoxyde d'azote et répondre enfin à l'urgence sanitaire, sécuritaire et environnementale qu'elle représente ?