Nicole Dubré-Chirat Je me joins à l'hommage à nos ex-otages. Vive la vie !
Monsieur le ministre du travail et des solidarités, vendredi dernier, l'Assemblée nationale examinait une proposition de loi attendue par des dizaines de milliers de commerçants dans notre pays. Le texte visait à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai sur la base du volontariat. Si cette date est symbolique – son caractère férié et chômé ne saurait être remis en cause –, elle représente aussi une occasion de gain financier dans de nombreux secteurs : pour la seule journée du 1er mai, la vente de muguet représente un chiffre d'affaires de 19,5 millions d'euros pour les fleuristes.
Alors que certains groupes d'opposition ont fait, une fois de plus, le choix de l'obstruction sur un texte essentiel pour contribuer au dynamisme économique de notre pays, le vote d'une motion de rejet préalable aurait dû permettre la tenue cette après-midi d'une commission mixte paritaire. Le gouvernement, sous la pression syndicale, a fait le choix de ne pas la convoquer. Je déplore cette décision : si le dialogue social, qui était possible depuis un an, doit être pris en compte, le respect des votes de notre assemblée l'est tout autant dans une démocratie parlementaire.
Le groupe Ensemble pour la République, emmené par son président Gabriel Attal, a toujours mis le travail au cœur de son action parlementaire. La liberté de travailler est fondamentale et c'est précisément tout l'enjeu de ce texte qui n'entrera pas en vigueur le 1er mai prochain. Il me semble capital de ne pas laisser l'insécurité juridique en matière d'emploi de salariés persister à cette date.
Monsieur le ministre, qu'allons-nous répondre à ceux qui se lèvent tous les matins et ne comptent pas leurs heures, animés par la seule ambition, la seule volonté de travailler ? Le 1er mai prochain, qu'allons-nous répondre aux artisans verbalisés à hauteur de 750 euros par salarié employé ?