Alexandra Masson Ma question s'adresse au ministre de l'intérieur. C'est avec beaucoup d'émotion que, moi aussi, je vais poser ma dernière question au gouvernement car, dans quelques jours, je quitterai mon mandat de députée pour me consacrer pleinement à la ville de Menton et à l'agglomération de la Riviera française.
Je ne pouvais pas partir sans vous interpeller une ultime fois sur le combat que je mène dans cet hémicycle depuis 2022, celui de la sécurité. Menton est une ville-frontière, en première ligne. Là-bas, les décisions prises ici, à Paris, ont des conséquences immédiates. Sur la frontière italienne, j'ai demandé des moyens renforcés pour la police aux frontières, afin de faire face à des flux migratoires persistants et à des réseaux de passeurs toujours plus organisés. Les réponses ont été tardives et insuffisantes.
C'est aussi la sécurité du quotidien qui se dégrade. À Menton, la police municipale est en sous-effectif chronique. Nos forces de l'ordre sont engagées, mais épuisées, par les missions toujours plus nombreuses qu'elles doivent assurer avec toujours moins de moyens. À cela s'ajoute un commissariat de Menton vétuste, qui ne permet ni un accueil correct du public ni des conditions de travail acceptables pour les fonctionnaires de police.
J'ai demandé des renforts et un engagement clair de votre gouvernement en faveur de ce commissariat, mais vous m'avez répondu par courrier que les effectifs, certes insuffisants, ne seraient pas augmentés. Je vous le dis droit dans les yeux : c'est faire preuve d'un mépris total pour cette population qui n'en peut plus de ne pas avoir les moyens qu'elle mérite.
Ma question est simple : quand allez-vous enfin donner à Menton et à son agglomération les moyens humains et matériels nécessaires pour sa frontière, comme pour sa sécurité ? Faudra-t-il attendre 2027 et l'élection de Marine Le Pen pour que l'autorité de l'État soit rétablie ?