Jean-Claude Raux Vendredi 10 avril, dernier jour de cours avant les vacances scolaires, au lycée d'Ancenis-Saint-Géréon, une jeune fille de 15 ans, en classe de seconde, finit sa journée au bloc, opérée en urgence ; un garçon du même âge est mis en examen pour tentative d'assassinat, après lui avoir porté plusieurs coups de couteau. Durant les semaines qui ont précédé cette attaque, il était passé par les urgences psychiatriques : sa détresse psychologique était connue.
C'est la seconde fois en un an qu'une élève est poignardée dans un lycée en Loire-Atlantique. Une semaine plus tôt, à Nantes, 3 000 personnes étaient réunies pour une course organisée par Effervescence Jeunes, une association qui vise à prévenir le mal-être des jeunes, créée par les parents de Lorène après sa mort tragique. Aujourd'hui, ce sont des parents et des associations qui agissent et financent des projets là où l'État faillit.
Mon département, comme beaucoup d'autres, est largement sous-doté en matière de pédopsychiatrie : à peine plus de vingt lits d'hospitalisation pour 1,5 million d'habitants ! Dans ma circonscription, le pôle de psychiatrie infanto-juvénile est submergé par les demandes de consultation.
En 2025, puis en 2026, vous avez déclaré la santé mentale grande cause nationale. Mais derrière les discours, rien ! Le vide ! Cela fait des années que nous alertons sur les besoins qui n'ont jamais été aussi grands, surtout chez les jeunes, et sur les réponses qui restent si insuffisantes, pour ne pas dire absentes. Certains nous expliqueront qu'il faut des portiques et des uniformes. À l'ordre du jour de l'Assemblée nationale : fraudes, sécurité, répression, justice criminelle – rien sur la santé, encore moins sur la santé mentale, l'éducation ou la jeunesse !
La meilleure façon de désarmer la main qui porte le couteau, c'est le repérage, la prévention, l'accompagnement.