Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. La question se présente ainsi : notre carte de l'éducation prioritaire comporte 1 097 réseaux, dont 361 réseaux renforcés, les REP+, qui tiennent compte des concentrations géographiques de grande pauvreté. Cette carte, qui a vocation à être révisée périodiquement, l'a été pour la dernière fois en 2014, si bien qu'elle est aujourd'hui, objectivement, en partie obsolète. Je l'ai dit dès ma prise de fonction.
Nous rencontrons cependant une petite difficulté : pour réviser cette carte, il faut à la fois définir les critères de révision – les critères de 2014 étant eux-mêmes obsolètes – et travailler avec les collectivités locales qui sont, curieusement, tout comme les équipes pédagogiques, d'ailleurs, parfois assez favorables au fait d'entrer dans un réseau d'éducation prioritaire, mais beaucoup moins à l'idée d'en sortir, quand bien même leur situation s'est largement améliorée entre-temps.
Enfin, nous devons aussi nous synchroniser avec le mouvement des enseignants. En effet, je ne peux pas m'amuser – pardonnez-moi l'expression – à faire sortir un établissement d'un réseau d'éducation prioritaire sans avoir donné la possibilité aux enseignants de postuler au mouvement pour se réorienter, s'ils le souhaitent, vers un autre réseau d'éducation prioritaire.
Pour que le processus aille à son terme, il faut donc compter, en moyenne, entre quinze et dix-huit mois. Ajoutez à cela la période de réserve des élections municipales, puis celle de l'élection présidentielle, et vous constaterez que je dispose devant moi d'un délai assez court ! Accessoirement, il se trouve que j'ai tendance à respecter le verdict des urnes : je ne voudrais pas préempter une décision qui sera potentiellement au cœur du débat public l'année prochaine. Donc…