Guillaume LepersRéélu maire de la plus belle bastide fluviale du Sud-Ouest, c'est la dernière fois que je prends la parole dans cet hémicycle.
Je vous quitte avec le sentiment d'avoir fait le job, mais avec le regret que cela ne soit, hélas, pas suffisant. En faisant le bilan, je vois, comme vous tous, où en est notre pays. Un pays qui doute, qui s'inquiète. Un pays qui s'impatiente surtout devant notre difficulté à agir.
Pourtant, nous connaissons déjà les solutions : redonner du souffle et rééquilibrer notre système de santé ; remettre le travail au cœur de notre modèle ; lutter réellement contre les fraudes sociales et fiscales ; redonner du sens à l'école et revenir aux fondamentaux ; donner enfin de la stabilité et de la perspective à nos entreprises ; assumer une vraie politique de souveraineté agricole. Sur tous ces sujets et bien d'autres, une majorité de Français est prête. Mais ici, nous n'avançons pas assez vite – par peur de contrarier quelques minorités bruyantes ; par confort, parfois ; par posture, trop souvent.
Je suis fier que notre groupe de la Droite républicaine se soit souvent efforcé de dépasser les clivages et d'être force de proposition.
Nous, parlementaires, avons une immense responsabilité. Nous ne sommes pas élus pour bloquer ou pour gesticuler, mais pour faire avancer la France. Des majorités, nous arrivons à en trouver quand il n'y a pas de caméra et quand nous nous parlons franchement. Je quitte donc l'Assemblée convaincu qu'avec un peu d'effort, nous pourrions y arriver.
En attendant, je redeviens maire de Villeneuve-sur-Lot, mais les combats continuent sur le terrain. Car oui, ce sont souvent les collectivités qui compensent nos manquements et nos incohérences. Tandis que nous débattons ici, parfois sans vraiment décider, ce sont les collectivités qui agissent. Alors, monsieur le premier ministre, pouvez-vous garantir que vous ne demanderez pas plus d'efforts aux collectivités et en particulier au bloc communal, en première ligne pour défendre et protéger nos concitoyens ?