Catherine HervieuMonsieur le premier ministre, votre responsabilité est engagée. Tous les jours, des substances toxiques persistantes, les PFAS sont rejetées dans l'environnement : dans l'eau, dans l'air, dans le sol. Ce sont des polluants éternels qui se répandent partout et constituent un danger pour la population et la biodiversité.
Ces rejets présentent des risques graves et avérés pour la santé, bien documentés par de multiples études scientifiques et médicales : maladie thyroïdienne, taux élevé de cholestérol, lésion au foie, cancer du rein et des testicules, faible poids à la naissance. Les connaissances compilées depuis longtemps nous montrent que l'accompagnement des industriels et des agriculteurs est nécessaire, mais il fait défaut.
Il y a un an, nous adoptions la proposition de loi de mon collègue Nicolas Thierry instaurant l'interdiction des PFAS dans certains produits, assortie d'une taxe qui applique le principe du pollueur-payeur. L'objectif ? Agir en responsabilité pour protéger notre santé et l'environnement. La redevance assise sur les rejets de PFAS dans l'eau concerne les installations classées pour la protection de l'environnement soumises à autorisation en raison de leurs activités. Cette taxe servira à financer la dépollution liée aux PFAS, telle qu'elle existe déjà pour d'autres polluants – phosphore, nitrites, nitrates. Elle bénéficiera aux collectivités locales pour leur action de dépollution et constitue une incitation à baisser, voire à supprimer, l'usage des polluants par les industriels concernés.
Le décret d'application devait être publié le 1er mars. Or nous apprenons par la cellule investigation de Radio France que vous êtes intervenu pour reporter sa publication au mois de septembre. Ce recul se fait au détriment de notre santé.
L'explosion des coûts des soins et des dépollutions dus aux PFAS pèse également sur les finances publiques. Monsieur le premier ministre, connaissant votre extrême vigilance quant à l'usage des deniers publics, quelle explication apportez-vous à la population inquiète d'être empoisonnée par les PFAS ?
Nous demandons la publication de ce décret sans délai face à une urgence sanitaire d'ampleur nationale.