Pascal LecampMa question s'adresse à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Dimanche, le peuple hongrois a quitté un long hiver. J'ai eu l'honneur d'observer ce moment de l'histoire dans le cadre de la mission de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, aux côtés de plusieurs collègues de cet hémicycle. Dans une mobilisation massive, le peuple hongrois a choisi, à travers Péter Magyar et le Tisza, l'Europe. Il a scandé longuement son nom sur les bords du Danube, face au Parlement, à l'issue du résultat. Cela faisait chaud au cœur. Les députés Démocrates, pour leur part, ne peuvent que saluer ce choix pro-européen avec la même clarté qu'il a été exprimé – tout comme la première décision ce matin de lever le veto au prêt européen de 90 milliards à l'Ukraine.
En infligeant une défaite cinglante aux forces nationalistes qui avaient fait de Victor Orbán leur modèle et leur horizon, les Hongrois envoient un message d'une portée qui dépasse largement leurs frontières. Ce signal arrive à un moment crucial. Après la grande montée des populismes aux quatre coins du monde, jusqu'aux portes de notre propre pays, et à l'aube d'échéances électorales déterminantes en 2027, ce vote est un rappel salutaire : la démocratie illibérale est une arnaque, une impasse, un ensemble de fausses promesses au service de la conquête du pouvoir. Les Hongrois l'ont débusquée, non sans difficulté, après de nombreuses attaques contre les universités et les libertés fondamentales. La parenthèse refermée, la Hongrie doit maintenant reprendre toute sa place dans le concert européen.
Monsieur le ministre, ma question est simple : comment votre gouvernement entend-il saisir ce tournant historique pour renouveler et approfondir la relation bilatérale entre la France et la Hongrie ?