Karine LebonEn matière de politique de l'emploi à La Réunion, les années se suivent et, malheureusement, se ressemblent : moins de contrats aidés, moins de participation financière de l'État, et une crainte toujours plus forte pour les collectivités, les associations et les personnes qui attendent une chance de s'en sortir. Pourtant, à La Réunion, le chômage atteint 16 % de la population active – 25 % chez les moins de 30 ans. Dans n'importe quel autre territoire, de tels chiffres imposeraient une mobilisation exceptionnelle de l'État. Chez nous, ils servent d'arrière-plan silencieux à une politique de désengagement.
Le nombre de contrats parcours emploi compétence pris en charge s'élevait à 12 000 en 2024 et à 10 000 en 2025 – après une grande bataille. Pour 2026, nous n'avons toujours aucune visibilité ! Les collectivités, les associations et les élus donnent l'alerte, mais rien n'y fait : aucune réponse claire, aucun calendrier, aucune garantie.
Pourtant, les contrats PEC sont essentiels, car ils permettent un accompagnement vers l'emploi ; ils offrent un cadre de travail structuré et des conditions sécurisées ; ils sont une première marche vers l'insertion.
Ils mobilisent aussi des femmes et des hommes qui font vivre l'action publique au quotidien dans les communes, dans les écoles, dans les associations, dans les politiques de santé publique, dans les emplois verts qui ont été tellement utiles lors de la crise du chikungunya l'an dernier. Ces agents sont indispensables, supprimer ces postes ou en réduire encore le nombre affaiblit la continuité du service public alors que les collectivités sont déjà financièrement exsangues.
Le dernier rapport de la Dares confirme que La Réunion est l'un des territoires où les PEC sont les plus nécessaires et où le besoin social reste le plus massif. Il est de votre devoir de mettre un terme à cette diminution continue.
Quand allez-vous enfin annoncer les volumes de contrats PEC pour 2026 à La Réunion, garantir une participation financière de l'État à la hauteur et cesser de traiter l'insertion des Réunionnais comme une variable d'ajustement budgétaire ?