Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur. Je confirme que les faits qui se sont déroulés à Bourges et à La Chapelle-Saint-Ursin visaient l'industrie de l'armement. Ils sont très graves car ils ont dégradé des installations de distribution électrique Enedis alimentant cette industrie. Ils ont également pénalisé un certain nombre de nos concitoyens.
Je peux vous assurer que la mouvance d'ultragauche est suivie de très près, depuis de nombreuses années. Elle a d'abord mené des actions de désobéissance civile, mais, petit à petit, elle est passée à des actions violentes sur des thématiques comme l'écologie radicale, la contestation sociétale et, de plus en plus, l'antimilitarisme. Cette mouvance est suivie et connue. Ses actes de dégradation et de sabotage sont en augmentation : ils sont passés de 160 en 2024 à 190 en 2025. Certains sont marquants, comme ce qui s'est passé le matin de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques ou en marge du festival de Cannes.
Les services travaillent. Ainsi, les services de renseignement ont créé en 2018 une coordination confiée à la direction nationale du renseignement territorial chargée de suivre ces groupuscules et ces mouvements. Elle le fait avec d'autant plus d'attention que ces actions sont coordonnées, parfois même au niveau international. La mouvance d'ultragauche radicale française est connectée avec l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, voire la Grèce.
Les services de renseignement sont très déterminés et attentifs à tout cela. Leurs actions produisent leurs effets. Elles se traduisent par des investigations judiciaires et ont permis de déjouer des actions d'ampleur, notamment celle qui visait, l'année dernière, à perturber gravement les survols aériens organisés dans le cadre du salon du Bourget. Ces services sont déterminés, sous mon autorité, à entraver cette menace, dont je confirme la réalité, la gravité et la dangerosité.